Cette communication reprend des éléments d'une étude menée pour le programme
de numérisation pour l'enseignement et la recherche1.
En France, comme dans tous les pays où des enquêtes sont menées, on constate
que l'université se branche très rapidement sur le réseau Internet. La
messagerie électronique est plébiscitée aussi bien par les enseignants que par
les étudiants et son usage se répand de façon explosive, discipline par
discipline. Toutes les institutions montent leur site Web. Le numérique
s'introduit à tous les niveaux de l'organisation et se marie sans heurt avec
les anciens supports (papier, audiovisuel).
Néanmoins, il apparaît que nombre d'universités françaises n'ont pas vraiment
pris la mesure de l'ampleur des changements en cours et ne se donnent pas (ou
ne trouvent pas) les moyens de répondre aux défis lancés. De nombreux
symptômes en témoignent. Nous ne donnerons que quelques illustrations de ces
difficultés:
- Les initiatives ambitieuses sont souvent le fait d'innovateurs
isolés qui trouvent plus à l'extérieur de leur établissement moyens et
reconnaissances;
- Les Français sont absents des mouvements de fond (et même simplement
des débats) qui transforment radicalement l'édition scientifique;
- Les inégalités se creusent entre les grosses universités et les
structures mieux dotées (Grandes écoles, universités nouvelles...).
Des débats, qui font du numérique un enjeu dans les changements de méthodes
pédagogiques, ou le responsable de la montée de logiques marchandes dans
l'université, paraissent décalés par rapport au terrain. Finalement, le
numérique est au service de méthodes pédagogiques très différentes et il est
utilisé aussi bien à des fins mercantiles que pour des échanges financièrement
désintéressés.
Par contre, des changements très importants sont en cours et risquent
de s'accélérer encore dans un proche avenir. Ils concernent, pour ceux
que l'on peut percevoir, les modes de publication et la relation au
document, le rapport au temps et à l'espace, ce que l'on peut appeler
un «nomadisme universitaire», ou encore la relation au savoir par les
liens multiples entre les documents.
- 1
- Étude réalisée
par les équipes GRESI/ENSSIB et ERSICO/Lyon III et coordonnée par Jean-Michel
Salaün et Alain Van Cuyck.
Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA.