Analyse d'un poncif
Paul Mathias
Professeur agrégé de philosophie
au Lycée Henri IV
Maître de conférences à l'I.E.P. de Paris
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Avec l'essor et la popularisation de l'Internet se sont mis en place des
schèmes d'analyse à la fois descriptifs et axiologiques dont l'illusoire
évidence paraît s'être imposée au détriment de leur exactitude ou de leur
pertinence.
Car l'expérience effective des réseaux est très différente de l'image qu'en
ont très tôt donnée des discours alarmistes ou bien même littéralement
réactionnaires. L'apparence de confusion qui semble y régner et et le désarroi
que provoque une impression de «surinformation» ne signifient pas
nécessairement que nos valeurs culturelles sont vouées à disparaître ou que
nous soyons condamnés à une aculturation et à l'uniformisation de nos systèmes
intellectuels de référence. S'il est vrai que nous pouvons éprouver comme une
indisponibilité des savoirs exposés sur l'Internet, il n'est pas
interdit de penser qu'elle nourrit une ouverture à l'altérité des cultures
dont nous pouvons tirer le plus grand parti. À cet égard, la cacophonie n'est
pas un point de rupture dans la circulation de l'information, mais le moment
où l'Internet se constitue véritablement comme problème.
Il est ainsi permis de faire l'hypothèse que les réseaux sont essentiellement
faits de l'éclosion des savoirs et des pratiques qu'ils véhiculent, et que
s'ils paraissent caractérisés par la frivolité ou la caducité de leurs
contenus, ils renvoient néanmoins à une éminente responsabilité des acteurs de
l'Internet, qui en sont fondamentalement les créateurs.
En quoi l'Internet n'est qu'éclosion, dans son propre présent, sans substance
ni limites, d'une pléthore de discours enserrée dans la déflagration des
usages qui le suscitent.
Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA.