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Atelier Internet 2010-2011: Paris, Lyon
Résumés

ENS - ENSSIB - CIPH

Résumé de la conférence du 1er décembre: la notion de communauté virtuelle (Éric Guichard).

La notion de communauté en ligne ou virtuelle est une catégorie fourre-tout dont l'emploi s'est développé avec l'internet, et qui est supposée signifier des formes d'interaction sociale alimentées au moins partiellement par les réseaux.

Afin de comprendre les enjeux et les implicites de la notion, nous rappellerons tout d'abord l'éventail sémantique des mots «communauté» et «virtuel»; puis nous étudierons la popularisation de la notion et les motivations qui en sont à l'origine; enfin, nous présenterons quelques cas de «communautés en ligne» dont nous verrons combien elles sont peu virtuelles.

Résumé de la conférence du 12 janvier 2011: les sciences de l'information et de la communication face à la philosophie de la technique (Bruno Bachimont).

Les sciences de l'information et de la communication ont traditionnellement des difficultés à mêler l'étude de la communication comme fait social à une réflexion sur l'information comme phénomène technique, cette dernière étant désormais de plus en plus souvent délaissée.

Ce qui nous intéressera ici sera de comprendre les conséquences cognitives et pratiques de la mutation numérique en cours concernant les supports de connaissance et de transmission.

Nous proposerons de revenir sur les caractéristiques essentielles du numérique pour tenter de comprendre ses conséquences tant dans un domaine particulier, le document audiovisuel, que sur un plan plus général, un cadre global pour la pensée et la cognition. Nous évoquerons l'hypothèse d'une raison computationnelle qui viendra s'ajouter, ou remplacer (c'est là l'une des questions) la raison graphique qu'on peut associer à l'écriture à la suite de Goody. Ces considérations seront l'occasion d'élargir notre discussion du numérique à la technique, pour comprendre à cette occasion tant sa nature et que son rôle dans la constitution de l'humain.

Résumé de la conférence du 27 mai 2011 (Paris, lycée Henri IV): Du Livre de la Nature à l'écriture des sciences, qui peut aussi s'intituler Écriture de la science, écritures du monde: le cas de la physique. (Jean Dhombres).

Dans le panorama actuel des philosophies des sciences de la nature (de l'astronomie à la physique quantique), et au-delà des philosophies classiques, le criticisme kantien et le positivisme comtien, trois positions paraissent dominantes:
  • la philosophie analytique, qui traque toute forme inductive et qui conduit aussi bien à la réfutation (Popper) qu'aux programmes de recherche de Lakatos. L'écriture de cette philosophie est celle de la logique;
  • la philosophie historiciste de la construction des sciences (Bachelard, Kuhn, et aussi Koyré) décrit les divers avatars d'une structure schizophrène, entre science normale et révolutionnaire. Le style d'écriture de cette philosophie est celui du récit;
  • la philosophie de l'acculturation sociale des savoirs cherche à distinguer les moyens par lesquels des savoirs scientifiques datés s'imposent chez les savants et dans les mentalités des sociétés. L'écriture de cette philosophie relève de l'histoire littéraire, avec analyse des effets rhétoriques, mais aussi bien des stratégies politiques.

Si j'ai associé un style d'écriture à chacune des philosophies sommairement décrites, c'est pour souligner un paradoxe: aucune ne s'intéresse aux écritures des diverses sciences ni à leurs usages de l'écriture comme technique intellectuelle. L'écriture de science apparaît comme une «boîte noire» pour ces philosophies; c'est un donné non analysé autrement que par ses résultats.

Mon propos est de discuter quelques écritures de la mécanique quantique, en cherchant ce que l'on peut trouver des diverses philosophies mentionnées, mais aussi ce qui peut relever d'une autre analyse. Ainsi en est-il de l'invention des espaces de Hilbert telle qu'elle est décrite par von Neumann en 1932. Ces espaces sont intervenus pour corréler des écritures très efficaces sur le réel expérimental physique, mais pourtant distinctes: celle des matrices de Heisenberg (aspect particulaire, ou écriture du discret au sens mathématique), celle des équations de Schrödinger (aspect ondulatoire, ou écriture du continu au sens mathématique).

Page créée en 1995, modifiée le 10 mai 2011