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Atelier Internet

Archive: présentation 2012-2013

ENS - ENSSIB - CIPH

Éric Guichard, équipe Réseaux, Savoirs & Territoires

XIXe année. 2012-2013

L'Atelier Internet est un séminaire fondé en 1995 à l'ENS (rue d'Ulm) par Éric Guichard.
Il a son pendant lyonnais depuis 2006 (à l'ENSSIB): l'AIL (Atelier Internet Lyonnais).

Les deux séminaires sont ouverts à tous.
Pour s'inscrire, contacter Eric point Guichard at ens point fr (ou at enssib point fr).

Rappel de la présentation 2012-2013

Cette année, les thèmes traités par les séminaires parisien et lyonnais seront les suivants:
  • Enjeux de la culture numérique.

  • Géographie et métrologie de l'internet.

  • Épistémologie des SHS.

1  Les principaux acteurs de la culture

L'importance historique de l'écriture dans la constitution de la culture, entendue au sens anthropologique ou en un sens savant, permet de définir la culture numérique comme un ensemble de savoir-faire, de normes, de solutions et de représentations qui s'élabore collectivement (mais non consensuellement) pour tenter de circonscrire les problèmes d'interprétation liés à l'écriture informatique et réticulée et de définir des écoles de pensée qui stabilisent des problématiques et des méthodes associées.

D'une part, il apparaît une correspondance croissante entre maîtrise des formes contemporaines de l'écriture (via la programmation, la capacité à mesurer des flux, à réaliser des cartes et graphiques ou des livres), la compréhension du monde et la capacité à le décrire (ou l'écrire). Cela signifie que les intellectuels susceptibles d'expliciter les formes du débat contemporain et de les infléchir risquent fort d'être les lettrés du numérique: des personnes qui excellent dans au moins dans un domaine précis de la combinatoire scribale contemporaine. Leur nombre reste relativement réduit, en même temps qu'il peut s'accroître du fait des facilités d'accès à la littératie digitale (simplification d'installation de logiciels et d'automatisation de taches auparavant complexes). Du fait de leur maîtrise en matière de technologie de l'intellect du moment, il est possible que ces personnes, comme l'ont fait Hugues de Saint-Victor et Descartes, sculptent la culture de demain.

D'autre part, l'industrie informatique se réaffirme comme prescripteur culturel, au moins auprès du grand public, en imposant des gestes, des soumissions à des pratiques (y compris sociales), voire des expositions d'intimité (ex.: obligation de donner son numéro de carte bancaire pour obtenir des mises à jour gratuites de logiciels). Il semble que l'utopie d'un épanouissement (intellectuel, démocratique, etc.) par les réseaux vive ses derniers jours, sauf à basculer dans une religion de la technique (toujours plus vivace qu'on ne l'imagine, même dans les sociétés où la technique est décriée).

Même si on ne néglige pas les parts de bricolage, d'appropriation et de détournement de ce grand public (qui va jusqu'à inclure potentiellement toute personne, tant sont étroits les champs d'expertise), il est difficile d'imaginer qu'il a autant d'autonomie, en matière d'appropriation et de production de la culture, que les deux premiers groupes précédemment décrits. C'est ce grand écart entre appropriations croissantes des pratiques d'écriture et construction de l'aliénation par des firmes en position de monopole que nous nous proposons d'étudier. La question étant «qui a le droit ou les moyens de construire la culture?».

Ici, une socio-anthropologie de l'internet et plus largement de la technique rejoint la philosophie politique.

2  La méthode: mesurer, localiser, décrire

Comme à l'accoutumée (le séminaire parisien entame sa dix-huitième année), cette réflexion se nourrira d'enquêtes, de comptes rendus d'expériences (par exemple en matière d'inventivité scribale et d'accroissement des capacités intellectuelles), de retours méthodologiques et de rappels historiques.

L'empirie laissera une place importante à la géographie du numérique et à sa métrologie, avec l'assurance qu'une sociologie fine des pratiques ne peut faire l'économie d'une géographie détaillée de ses acteurs. La mesure des flux de l'internet permet en effet de comprendre des logiques de coûts et et marchandisation souvent passées sous silence, elle explicite la variété des territoires (centre/périphérie, fragmentations pour favoriser octrois et concessions), elle contredit l'idée d'une spontanéité des pratiques, qui souvent oscille entre discours d'escorte des prescripteurs de consommation et journalisme.

Le but final est toujours de préciser l'étroitesse des relations entre technique et culture, avec le projet de démontrer que la culture n'est pas seulement affaire de maîtrise de l'écriture, mais qu'elle est grandement façonnée par les choix, les inventions et les croyances des gymnastes des technologies de l'intellect du moment (ingénieurs, linguistes, informaticiens, etc.).

3  Élargissement

Ce sera l'occasion de préciser la part des objets techniques et industriels dans les formes de la culture que nous croyons les plus spirituelles, et la part de la matérialité, des méthodes (voire des savoir-faire industriels) dans les épistémologies des sciences sociales.

Pour le dire autrement: si l'internet nous apparaît comme un révélateur, en nous invitant à redéfinir la notion de culture, à rappeler les logiques de domination sociale qu'elle alimente de façon récurrente, il n'y a aucune raison pour que cette culture en construction ne touche pas aussi le champ scientifique.

Au-delà des discours sur le nouvel illettrisme des sciences sociales et sur le renouveau radical de leurs épistémologies, il y a place pour un réflexion raisonnée qui, non seulement précise l'évolution actuelle de ces épistémologies du fait des transformations de l'écriture, mais aussi détaille les liens historiques entre facultés de compter, écrire et dessiner et possibilité de conceptualiser une démarche ou une science.

Serre-Lyon

B. Dates, heures et précisions complémentaires

1. À Paris

L'Atelier Internet se tient à l'ENS (45 rue d'Ulm) en salle U-V (DMA, second sous-sol) de 16h à 18h30 les vendredis suivants:
  1. 15 février 2013: Éric Guichard. Introduction. Résumé.
  2. 1er mars: Henri Desbois. Géographies numériques : transformations contemporaines des expériences et des conceptions de l'espace géographique. Résumé.
  3. 8 mars: Éric Guichard. Culture, cultures numériques et nouvelles problématiques des SHS. Résumé.
  4. 22 mars: Luc Saccavini. Infrastructures et métrologie de l'internet. Résumé.
  5. 5 avril: Éric Guichard. Humanités numériques. Résumé.
  6. 19 avril: Mohsen Souissi. La gouvernance de l'internet expliquée concrètement: quels acteurs pour quels rôles? Résumé. Diapositives
  7. 26 avril: Jean Dhombres. Quel est le rôle de la part mathématique du Discours de la méthode de Descartes? Résumé.
  8. 17 mai: Pierre-Antoine Chardel. Philosophie de l'internet: une approche par l'herméneutique. Résumé.
  9. 31 mai: Éric Guichard. Conclusions et perspectives.

Validation (pour les élèves intéressés)

Rédaction d'une synthèse, d'un article, d'un site web ou d'un logiciel en ligne. Ce qui donne droit à 3 ECTS pour le diplôme de l'ENS.

Public et institutions participantes

Cet atelier est un des séminaires d'approfondissement du département de géographie de l'ENS. Il est ouvert à tous: informaticiens soucieux de comprendre les relations science-technique-culture, sociologues de l'internet, géographes passionnés par l'internet, le numérique et leurs territoires, physiciens, philosophes, personnes curieuses et cultivées, etc.

Dans sa version parisienne, il relève désormais de deux institutions: l'École normale supérieure et le Collège international de philosophie.

2. À Lyon

Le séminaire, intitulé l'AIL (Atelier Internet Lyonnais) se tient à l'Enssib. Il bénéficie d'un soutien de la Région Rhône-Alpes (ARC5).

Les conférences du printemps 2013 ont lieu de 17h à 19h30 les mercredis suivants:

  1. 13 février: Éric Guichard. Technique et réflexivité.
  2. 6 mars: Éric Guichard. Indexation d'images et culture numérique.
  3. 20 mars: Éric Guichard. Culture numérique.
  4. 3 avril: Éric Guichard. Humanités numériques.
  5. 17 avril: Éric Guichard. Combiner les approches épistémologiques et sociologiques.
  6. 29 mai: Andrew Feenberg. L'internet en question: une nouvelle sphère publique? Résumé
  7. 19 juin: Éric Guichard. Bilan et projets.

Les thèmes du séminaire lyonnais (AIL) restent ceux décrits pour l'année 2013, même si des nuances et des variations apparaîtront entre les deux séminaires lyonnais et parisien.

Beauvray

C. Quelques liens

1. Bibliographie

Une bibliographie non exhaustive, pour aider les étudiants et les nouveaux entrants dans le domaine de 2010 (2013).

2. Travaux récents

3. Liens historiques

Les anciennes pages de cette partie du site sont (ou seront) réaffichées ici, déplacées vers le dossier archives, ou redistribuées vers d'autres dossiers actualisés.
Sont rappelés ici quelques travaux personnels et collectifs (rapports, articles, colloques, etc.) à haute valeur scientifique ou historique.
Note: les pages suivantes et leurs renvois peuvent dater de plus de 10 ans. Aussi leur présentation et leur syntaxe html peuvent-elles différer du site actuel; des liens peuvent manquer; la licence générale propre au site y est souvent absente. Elle est néanmoins toujours valable (cf. la page sur les licences).

Logo original de l'Atelier Internet:

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Page créée en 1995, modifiée le 27 janvier 2014