Présentation de la cybergéographie
Éric Guichard
Cet article s'intègre dans le numéro deux de l'Atelier Internet, consacré à la cybergéographie.
Nous espérons dans ce premier article suggérer par une série d'exemples ce que peut
être la cybergéographie, et préciser ses
spécificités, en termes de méthodes, de sources, et de
problématiques.
I. Introduction
Il nous apparaît que l'internet n'est pas une
«nouvelle technologie», mais une étape parmi les multiples
transformations de l'écriture, dont on ne comprend bien les effets
que si on aborde cette dernière comme une technique intellectuelle
(cf. numéro 1 de
la revue). On peut alors s'attendre à ce qu'un changement dans nos
manières d'écrire (codage, hypertexte, logiciels, mais aussi
archivage, supports, etc.) induise des déplacements (qu'il reste à
mesurer précisément) dans l'organisation de nos processus
mentaux: la recherche documentaire (avec les sites web et les moteurs de
recherche), les modes d'expression et d'articulation du raisonnement
(inclusion de schémas, graphiques, tableaux), l'usage et le
traitement des sources (ré-exprimées sous forme de bases de
données), nos centres d'intérêt
(la façon dont l'internet s'impose comme thème
d'étude), même les formes de l'échange qui organisent le
monde de la recherche (réseaux de pairs,
notoriété)
sont infléchis, remodelés,
repositionnés les uns par rapport aux autres du fait du
caractère numérique et réticulé de
l'écriture (nous nous intéressons ici aux potentialités
de l'informatique, sans toutefois évoquer les formes
d'étouffement de l'outillage mental qu'elle peut aussi induire).
Une telle assertion doit évidemment être nuancée suivant
les lieux et contextes. Mais s'il y a un «monde» dans lequel il est
aisé de la vérifier, c'est bien celui des universitaires et
des chercheurs, réels artisans de l'écriture, avec laquelle
ils assimilent, synthétisent, transmettent et affinent la
connaissance scientifique.
II. La géographie
Et si l'ensemble des disciplines (souvent fondées sur
des objets, des sources, des méthodes) est altéré,
recomposé par la diffusion de l'informatique et de l'internet, on
ne voit pas pourquoi la géographie y échapperait. En ce sens,
la carte, instrument privilégié des géographes,
à la fois synthèse textuelle et graphique de raisonnements
sophistiqués et élément de départ pour de futures démonstrations, est
un objet intellectuel de référence pour comprendre les
relations qui se tissent entre pratiques cognitives, symboles graphiques,
instruments en permettant l'appréhension, et support de l'écrit.
Déjà, le fait que depuis une vingtaine d'années, on
puisse produire aisément des cartes, grâce aux fonctions
élémentaires de l'ordinateur (traitement numérique et
production graphique), nous permet de solliciter plus fréquemment
qu'il y a un demi-siècle le raisonnement cartographique pour asseoir
une preuve, ou plus simplement tester une hypothèse. L'internet,
avec ses corpus électroniques (bases statistiques, textuelles,
graphiques, mais aussi archives propres à cette technique, etc.) et ses
protocoles (hypertexte, programmes réticulés...) amplifie
cette tendance.
Donnons-en quelques exemples.
II. 1. L'animation
Celle-ci ne sert pas qu'à décrire des processus historiques,
comme le montre cette carte de France.
En représentant les communes par de simples points,
indépendamment de leur superficie ou de leur population, et en
choisissant de faire apparaître graduellement les communes de plus de
10000 habitants, de plus de 9900, 9800 et ainsi de suite de 100 en 100
jusqu'à la totalité des communes habitées, on
découvre un fait clair: la moitié des communes de France est
composée de villages et de hameaux (plus précisément,
en 1992, les communes de moins de 500 habitants représentaient 61%
des communes françaises, mais seulement 9% de la population de notre
pays). En se rappelant le statut spécifique des communes
(élément minimal de la représentation politique), on
remarque, à la lecture de cette carte, une nette
sur-représentation du monde rural dans l'expression politique de la
nation, non conforme avec les poids démographique et
économique des campagnes. On peut alors se demander si le
déficit démocratique des villes n'explique pas certains
archaïsmes propres à la France: difficultés à
construire des consensus (effet clochemerle, présence de
micro-féodalités), à comprendre ou au moins à
accepter la modernité (dans ses formes culturelles, sociales, voire
techniques), à penser rationnellement le monde paysan (cf.
l'exception «agri-culturelle» française au sein de la PAC
européenne).
Ici, la carte animée a des effets de preuve et de conviction
à notre avis plus aisés (et moins coûteux) à
mettre en oeuvre que son équivalent imprimé,
tout en conservant une fonction heuristique traditionnelle (en l'occurrence
nous inviter à mieux connaître l'histoire de notre pays et de
ses institutions).
II. 2. L'hypertexte
Le fait de doter une image de références hypertextuelles n'est
pas nouveau (cf. bornes interactives, CD-ROM, etc.), mais la
possibilité d'associer des fichiers à des
éléments cartographiques
permet d'en compléter la valeur informative, comme le montre cette carte clickable de
l'élection présidentielle de 1995 à Paris: la
présentation d'une seule carte (relative au second tour) et la
catégorisation réductrice des 80 quartiers parisiens en une
poignée de classes sont compensées par la description
détaillée des choix des
électeurs lors des deux tours. Ici, l'hypertexte remplace l'index ou
la note inframarginale, et aide le lecteur à reconstruire le
raisonnement du cartographe.
Bien sûr, d'autres outils (javascripts, etc.)
prolongent de telles possibilités.
II. 3. Le programme
Plutôt que de cantonner le lecteur d'une carte dans une
activité intellectuelle à rebours (jusqu'ici, les
processus mentaux étaient générés par
l'étude de la carte, une fois celle-ci conçue par un
expert), on peut l'inviter à réaliser lui-même
les cartes de son choix, jusqu'à obtention de celle qui lui apparaît la
plus pertinente. On profite alors des activités de
méta-écriture rendues possibles par les ordinateurs et
l'internet: en l'occurrence, la production de logiciels en ligne, qui permettent de
déléguer au lecteur l'activité cognitive en amont de la
production de la carte.
L'atlas de l'immigration offre un tel exemple
de mise à disposition au lecteur d'un instrument de mesure et de
production graphique, qu'il est libre d'utiliser à son gré.
On imagine alors comment intégrer plus encore le programme dans la
production cartographique, en concevant des logiciels entièrement en
ligne, qui invitent le lecteur à utiliser ses propres données
et fonds de cartes (comme il le fait avec un logiciel off line), et
en affinant les processus de visualisation au travers de l'internet
(animation vectorielle, intégration d'instruments de navigation dans
la carte -zoom, retour arrière, hypertexte-, etc.)
On espère avoir montré comment l'internet, en tant
que processus d'écriture, dynamise la recherche en géographie,
en facilitant la production, le traitement et l'appropriation de
données, d'éléments de raisonnement, de
synthèses: autant d'éléments propres à
l'activité intellectuelle, qui sont explicités et
donnés à manipuler par le biais de l'informatique.
III. Le territoire
On peut alors s'attendre à ce que l'objet privilégié
des géographes, le territoire, soit lui aussi remodelé par
l'internet: nous venons de montrer qu'en tant que représentation
combinant le social et le spatial, le territoire peut se donner à
voir de façon différente suite à l'invention de nouvelles
techniques d'écriture.
Mais le territoire est aussi modifié par les réseaux de
l'internet, par les pratiques propres à l'internet. Par exemple, aux
cartes des canaux, des chemins de fer et des routes s'ajoutent aujourd'hui
celles des «autoroutes de l'information». L'étude des flux de l'internet
peut mener à celle des usages et à la détermination
d'indicateurs pertinents pour décrire
des dynamiques collectives à des échelles diverses, incluant
celle des continents ou du monde.
Bien sûr, ces nouvelles représentations peuvent intégrer les
éléments d'écriture exposés au paragraphe
précédent. Nous donnons maintenant quelques
exemples de cartes utilisant des données propres à l'internet
et susceptibles de nuancer nos représentations territoriales.
III. 1. La France
La carte départementale de la distribution des noms de domaines français en 2000
met en évidence des structures territoriales qui, à notre avis,
témoignent d'une transformation (terme à prendre sans valeur
morale aucune, notre but n'étant pas de promouvoir le
déterminisme technique) du paysage national: apparaissent de grands
blocs régionaux homogènes (façade atlantique du
Nord-Ouest de la France, pénétrant assez largement le bassin
de la Loire), région parisienne étendue (de Rouen à
Dijon), et enfin, région Rhône-Alpes. En dehors de ces trois
zones quasi connexes (grâce au Jura pour les deux dernières),
on repère, dans un vaste ensemble de départements où le
nombre de noms de domaines ne dépassait pas la centaine en 2000,
quelques pôles éparpillés: Bordeaux, Toulouse,
Montpellier, Marseille, Nice et Lille; l'Alsace formant une fausse exception
dans ce paysage: région homogène, mais néanmoins
isolée.
Ces données (recueillies auprès des RIPE) peuvent être critiquées: l'achat d'un (ou plusieurs) nom de domaine ne
signifie pas plus qu'une sensibilisation d'une entreprise, d'une
institution, à la publication électronique. Mais, comme
toujours, le but d'une carte est aussi de questionner et de critiquer les
indicateurs à l'origine de sa construction. Néanmoins, la
configuration territoriale induite par ces indicateurs départementaux
nous semble cohérente avec ce que nous savons par ailleurs des formes
contemporaines de l'organisation spatiale des diverses industries en France.
III. 2. Les internautes dans le monde
La carte mondiale des usages de l'internet décrit d'abord le taux d'internautes par pays, tel qu'il a
été estimé en décembre 2002 par la CIA. Bien que
que la définition d'un internaute varie suivant les
analystes (mais ne tienne hélas jamais compte de la maîtrise effective de
l'internet par ces utilisateurs), nous pouvons imaginer que cette
estimation, proposée par un seul centre, induise pour chaque pays
des taux d'erreur d'un même ordre (et nous avons vérifié
que les pourcentages donnés par d'autres centres sont analogues
à celui que nous utilisons). Si donc cet indicateur est biaisé (nous
avons pour habitude, depuis 1996, de diviser par quatre les chiffres que
proposent les estimations usuelles du nombre d'internautes), il ne l'est pas
plus que celui qui définit le taux de croissance, ou celui du
chômage. D'autre part, comme nombre d'indicateurs sociaux, pertinents
ou fortement criticables, il finit par avoir des effets réels dans la
mesure où il aide à définir des politiques
d'investissement (pour une entreprise, ou pour un organisme international)
et des critères de comparaison. A ce titre, donc, il fait sens.
Que nous montre cette carte? Tout d'abord,
à quelques exceptions près,
une forte déshérence de l'Afrique, avec un prolongement
jusqu'au sous continent indien: en ces nombreux pays, moins d'une personne
sur cent dispose d'une connexion à l'internet. A l'opposé, on
rencontre des taux exceptionnellement
élevés (plus d'une personne sur deux) pour des pays tels que:
Suède, Islande, États-Unis, Grande-Bretagne, Danemark,
Hollande, Norvège, Hong-Kong, Australie.
Jusque là, cette carte met donc en évidence la
réalité de la fracture numérique, et fait
apparaître des régions homogènes comme
l'Amérique, l'Europe du Sud, ainsi que quelques pôles (Afrique
du Sud, Émirats Arabes Unis, etc.).
Mais la prise en compte d'une autre variable, comme le produit
intérieur brut par habitant (lui aussi souvent estimé), permet
de faire apparaître d'autres pays, repérés par des
cercles bleus sur la carte, a priori moins riches que l'Europe ou
l'Amérique du Nord. Le nombre
d'internautes rapporté au PIB du pays peut témoigner d'un
dynamisme économique reconnu, comme pour la Corée du Sud et la
Malaisie, ou d'une situation politique difficile, comme pour la Palestine,
qui (de façon surprenante si l'on oublie les modes d'enfermement
collectifs imposés aux habitants de ces territoires
émiettés), apparaît au
premier rang avec cet indicateur. Entre ces deux profils, le
cas de l'Estonie, avec son taux «nombre d'internautes sur PIB» de
3,81 (cinq fois supérieur à celui de la France ou du
Brésil), invite à étudier attentivement la situation politique et
économique de ce pays singulier.
III. 3. Histoire de l'internet
D'autres cartes, animées, permettent de suivre, pour l'Europe, l'Asie
et l'Afrique Nord-équatoriale (version lente ou rapide), l'évolution de
l'appropriation de l'internet par les pays de ces continents. Celle-ci est
mesurée mois après mois, pour une période allant de 1992
à 2000. Nous renvoyons le lecteur aux commentaires associés
à ces cartes, et nous limitons ici à rappeler quelques faits: tout d'abord, les variables utilisées (nombre de machines
connectées à l'internet, nombre de noms de domaines par pays)
dénombrent des machines au lieu d'estimer
des pratiques humaines; ensuite, on remarque que les dynamiques
d'appropriation sont enracinées depuis maintenant une décade: par
exemple, l'avancée des pays du Nord de l'Europe, les
difficultés africaines, et la position intermédiaire de pays
comme la France,
étaient manifestes dès 1992; rares sont les pays dont le rang a
beaucoup varié depuis cette date. Enfin, la bulle spéculative
et les croyances qu'elle a engendrées se donnent à voir (cercles
verts) dès 1999, avec l'engouement des paradis fiscaux pour les noms
de domaine, comme le prouvent les cartes limitées à l'Europe
(version lente ou rapide).
III. 4. Mesures des flux
On aborde ici un champ d'étude complexe,
au carrefour de plusieurs disciplines: l'étude des flux de l'internet
renvoie aux mathématiques et à la physique (pour
modéliser le trafic, à des fins de maintenance des
réseaux actuels, ou de
dimensionnement des réseaux futurs), à la sociologie (pour
corréler les échanges entre machines à des pratiques
sociales), et bien évidemment à la géographie
elle-même, pour comprendre comment s'organisent axes et territoires.
Les cartes des flux Renater entre les plaques régionales de la France
de l'enseignement et de la recherche mettent en évidence un fort axe
Paris-Lyon, et, autour, d'intenses échanges entre les villes
universitaires incluses dans le quadrilatère
Paris-Montpellier-Nice-Strasbourg (fréquents flux en rouge, voir aussi les versions à 1/2, 1, 2 et 25 images par seconde).
D'autres
cartes montrent les grandes variations de statut des pôles
régionaux: Nancy apparaît comme un grand fournisseur de
ressources (beaucoup de flux à destination du noeud nancéen,
dont les flux sortants se limitent principalement à
l'extérieur -hors Renater et vraisemblablement hors-France);
à l'opposé, les centres scientifiques
grenoblois échangent très peu avec leurs équivalents
français et beaucoup avec l'extérieur (voir aussi Renater01 pour d'autres précisions et un accès à d'autres rythmes des cartes de Nancy et Grenoble).
On remarquera que ces cartes, tirées d'indicateurs très
précis, et relatifs à une population homogène (les
enseignants et les chercheurs) confirment les disparités
territoriales apparues au point III. 1. Nous ne doutons pas que de telles
variables, si possible corrélées à d'autres, et encore
plus affinées, permettront de faire le lien entre mesures physiques
des réseaux et pratiques sociales, et finiront par constituer le
coeur de la future cybergéographie.
IV. Ouvertures
Le lecteur s'étonnera peut-être de nous voir passer sous
silence les cartes dites mentales, avec ou sans métaphore
géographique (notions d'importance ou de proximité
représentées par des montagnes, des co-présences en une
même vallée, etc.). Si nous ne négligeons les
apports heuristiques de telles représentations, nous
préférons favoriser une géographie concrète,
attachée aux notions de distance, d'organisation politique et
spatiale. Sur ce plan, les cartes anamorphiques nous semblent totalement
compatibles avec un projet cybergéographique.
Mais il nous semble plus opportun, dans le cadre de ce paragraphe,
d'évoquer deux questions qui nous semblent d'importance.
IV. 1. Le déficit territorial
Le caractère faiblement
géographique de la plupart des données de l'internet
(difficultés à localiser un nom de domaine, surtout s'il
provient d'une multinationale ou d'un provider qui
«reroute» ses modems pour éviter la saturation de
réseaux régionaux) est en fait propre à relancer le
débat sur la notion de territoire (questionnement à notre avis
qui restera d'actualité même après la socialisation
d'IPV6). Certains acteurs ont-ils avantage
à réduire la territorialité de l'internet? A l'opposé, les
utopies commerciales de la fin du XXe siècle et leurs échecs
retentissants s'expliquent-ils par la non prise en compte (forme d'oubli
naïf mais lourd de conséquence) de la variable essentielle pour
expliquer toute activité industrielle et commerciale qu'est le
territoire? Ou
à l'opposé, au territoire traditionnel, ensemble de
représentations sociales associées à un espace, doit-on
ajouter des paramètres spécifiques qui accroissent ou
réduisent la distance entre des personnes physiquement proches, comme
l'appartenance à un réseau universitaire fonctionnant sous
Unix, ou l'abonnement à un provider donné? Nous pensons ici
à des serveurs (de mail, de web) qui s'écroulent vite sous
l'effet des virus (source d'accroissement de distances entre leurs
utilisateurs et le reste du monde), et aussi à des providers
qui facilitent plus la communication entre leurs clients qu'entre ceux-ci et
les abonnés
à un concurrent. En ce sens, nos représentations
territoriales ne seraient pas nouvelles, mais remodelées par des
paramètres actuels. N'oublions pas qu'il en est de même pour
des notions (plus souvent émotives qu'explicites) comme celle de
religion, de classe sociale, de culture et d'habitat (on peut penser aux
représentations attachées aux notions de banlieue, de
cité, en France, en ces temps de polémiques entretenues
à ces sujets), où le voisin peut être présenté comme un martien.
IV. 2. Les indicateurs statistiques
Que l'on raisonne en termes d'usages ou de flux de l'internet, on est confronté
à des distributions statistiques que les scientifiques -de leur
propre aveu- maîtrisent ou expliquent assez mal. Celles-ci renvoient
à des lois de puissance, parfois sans variance, ce qui invite tout
d'abord
à la critique des catégories sociologiques (avec leurs normes,
leurs homogénéités) que nous avons
l'habitude de manipuler. Certes, on pressent que l'appropriation d'un nouveau système technique ne répond pas, au moins à ses débuts,
aussi bien qu'on pourrait l'espérer à des déterminants
comme la classe sociale ou le niveau de fortune. Les lois de puissance
mettent aussi à mal des notions comme celle
d'échantillon représentatif, et valorisent les (nombreux)
évènements singuliers.
Mais ces statistiques posent aussi
problème pour les personnes qui désirent représenter
graphiquement des indicateurs associés aux usages de l'internet:
quand une variable a d'énormes fluctuations, on ne peut
représenter ses réelles valeurs. Que
choisir? Son logarithme, sa racine quatrième (tronquée) comme dans l'exemple
III. 4? Comment s'assurer qu'une représentation donnée ne
masque pas les phénomènes singuliers que nous évoquions
à l'instant (comme les petits débits entre plaques
régionales)? Combien de temps nous faudra-t-il attendre avant que la
communauté scientifique ne s'accorde sur un indicateur, statistique et visuel, qui finisse par
avoir une pertinence reconnue et comprise par tous? Faut-il adapter la sémiologie graphique actuelle à ces études?
Voici, en sus de la réflexion sur les instruments d'écriture
des cartes actuelles, les réflexions qui pourraient alimenter le
débat sur la cybergéographie.
Éric Guichard, document rédigé le 4 février 2003, déplacé et modifié le 12 octobre 2003.