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Brève bibliographie pour les Ateliers Internet (Paris / Lyon)

É. Guichard
février 2013

Présentation

Le propos de cette bibliographie est d’aider les personnes curieuses de l’internet à progresser rapidement en lisant quelques textes de référence, même si elles sont peu familiarisées avec les débats des SHS et de la philosophie en relation avec l’internet et le numérique.

Pour le dire autrement, cette bibliographie fait écho à une demande exprimée par des jeunes étudiants participant à l’Atelier Internet. Nous sommes donc partis du principe que les destinataires de cette bibliographie ont une forte curiosité interdisciplinaire et qu’il suffit de leur mettre le « pied à l’étrier » pour qu’elles deviennent autonomes.

Cette liste est assurément partielle et partiale. Certains des textes cités sont parfois critiquables, mais aucun texte mineur n’est référencé. Et les textes majeurs ont été intégrés, même si tous ne sont pas populaires. Ce même souci d’aider au mieux de jeunes étudiants et chercheurs fut à l’origine de l’évocation modérée des articles les plus récents, fort nombreux et parfois trop dépendants d’une problématique opaque aux « nouveaux entrants ».

Les lecteurs nous pardonneront nos choix de classement, forcément réducteurs. Cette question est toujours épineuse dans un tel exercice : comment et pourquoi réaliser un ordre thématique, pourquoi certaines parties ont-elles peu de références bibliographiques, pourquoi glisser un ouvrage dans une catégorie plutôt que dans une autre, et pourquoi ne pas le citer dans diverses parties ? Autant de questions sans réponses, même pour l’auteur de cette liste.

Reatait un ultime souci : fallait-il éliminer toute référence aux travaux de l’équipe Réseaux, Savoirs & Territoires ? Un tel choix pouvait se justifier pour des motifs d’humilité. Inversement, il aurait conduit à minimiser le référencement de textes qui constituent en quelque sorte le front de la recherche, et qui signalent une interdisciplinarité originale au carrefour de l’empirie et de la théorie, que les membres de l’équipe veulent fédérer. Aussi une mention modérée des travaux de l’équipe a-t-elle été effectuée. Un avantage s’en déduit : l’accessibilité de ces textes, souvent en ligne.

Note : les textes à lire en priorité sont précédés d’un astérisque (*), et la version BibTeX de cette bibliographie est disponible.

1 Philosophie

1.1 Ouvrages généraux essentiels

S’il ne fallait lire que quatre ouvrages.

* DAGOGNET, F. (1989). Rematérialiser. Vrin, Paris.

* FOUCAULT, M. (1971). L’ordre du discours. Gallimard, Paris. Leçon inaugurale, Collège de France, 2 décembre 1970.

* GRANGER, G. (2001). Sciences et réalité. Odile Jacob, Paris.

* MATHIAS, P. (2009). Qu’est-ce que l’Internet ? Vrin, Paris.

1.2 Philosophie des sciences

* BACHELARD, G. (1963). Le nouvel esprit scientifique. Presses Universitaires de France, Paris. Première éd. : 1934.

BACHELARD, G. (1983). La philosophie du non. Presses Universitaires de France, Paris. Première éd. : 1940.

* BALIBAR, F. (1984). Galilée, Newton lus par Einstein. Presses universitaires de France, Paris.

CASSIRER, E. (2008). Descartes. Doctrine – Personnalité – Influence. Cerf, Paris. Première édition : 1939. Traduction : Philippe Guilbert.

THOM, R., GIORELLO, G. et MORINI, S. (1983). Paraboles et catastrophes : entretiens sur les mathématiques, la science et la philosophie. Nouvelle bibliothèque scientifique. Flammarion.

1.3 Philosophie des techniques

Dans cette rubrique, proche de la précédente, sont aussi intégrés des ouvrages en relation avec l’écriture et les bibliothèques. Voir aussi le point 2.3.

* BEAUNE, J.-C. (1998). Philosophie des milieux techniques : la matière, l’instrument, l’automate. Collection Milieux. Champ Vallon.

DAMIEN, R. (1995). Bibliothèque et État. Naissance d’une raison politique dans la France du XVIIe siècle. Presses Universitaires de France, Paris.

* FEENBERG, A. (2004). (Re)penser la technique. Vers une technologie démocratique. Bibliothèque du MAUSS. La Découverte, Paris. Traduit de l’anglais par Anne-Marie Dibon, révisée par Alain Caillé et Philippe Chanial. Version en ligne à l’URL : http://journaldumauss.net/IMG/pdf/Feenberg.pdf.

* HABERMAS, J. (1973). La technique et la science comme «idéologie». Tel, Gallimard, Paris. Traduit par Jean-René Ladmiral (lire au moins son introduction).

HEIDEGGER, M. (1958). La question de la technique. Gallimard, Paris.

* PARROCHIA, D. (1992). Qu’est-ce que penser / calculer ? Vrin, Paris.

PARROCHIA, D. et TIRLONI, V., éditeurs (2012). Formes, systèmes et milieux techniques. Après Simondon. éd. Jacques André, Lyon.

SFEZ, L. (2002). Technique et idéologie. Seuil, Paris.

SIMONDON, G. (1989). Du mode d’existence des objets techniques. Aubier, Paris. Troisième édition.

1.4 Épistémologie, méthodologie

BOURDIEU, P. (2001). Science de la science et réflexivité. Raisons d’agir, Paris.

* de CERTEAU, M. (1975). L’écriture de l’histoire. Gallimard, Paris.

DESROSIÈRES, A. (1993). La politique des grands nombres. La Découverte, Paris.

MARTIN, O. (2003). Les mathématiques dans l’écriture en sciences humaines. Évolutions textuelles, transformations conceptuelles et épistémologiques. In BERTHELOT, J.-M., éditeur : Figures du texte scientifique, pages 193–223, Paris. Presses Universitaires de France.

2 Histoire

2.1 Histoire des techniques

Ce point est très proche du point 1.3.

CARON, F. (1998). La naissance d’un système technique à grande échelle. le chemin de fer en France (1832–1870). Annales Histoire, Sciences Sociales, 4–5:859–885.

* EDGERTON, D. (1998). De l’innovation aux usages. Dix thèses éclectiques sur l’histoire des techniques. Annales Histoire, Sciences Sociales, 4–5:815–837.

GILLE, B. (1978). Histoire des techniques. Gallimard (La Pléiade), Paris. Épuisé (se trouve en bibliothèque).

* HUGHES, T. P. (1998). L’histoire comme systèmes en évolution. Annales Histoire, Sciences Sociales, 4–5:839–857.

MICHEL, H. (1960). Astrolabistes, géographes et graveurs belges du XVIe siècle. In La science au XVIe siècle, Paris. Hermann. Actes du colloque international de Royaumont, 1–4 juillet 1957.

PESTRE, D. (1996). La reconstruction des sciences physiques en France après la Seconde Guerre mondiale. Des réponses multiples à une crise d’identité (chapitre 1). Réseaux, Hors Série 14 no1:21–42. URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso_0984-5372_1996_hos_14_1_3666.

2.2 Histoire des mathématiques

BOURBAKI, N. (1984). Éléments d’histoire des mathématiques. Masson, Paris.

* CARTIER, P., DHOMBRES, J., HEINZMANN, G. et VILLANI, C. (2012). Mathématiques en liberté. La ville brûle. Collection 360, dirigée par Sylvestre Huet.

DESCARTES, R. (1991). La géométrie. éditions Jacques Gabay, Sceaux. URL : http://debart.pagesperso-orange.fr/geometrie/geom_descartes.html.

RANDÉ, B. (2002). Les carnets indiens de Srinivasa Ramanujan. Cassini (Le sel et le fer), Paris.

2.3 Mondes lettrés, évolution de l’écriture, livres et bibliothèques

Pour acquérir une culture historique qui permet de poser des questions pertinentes quant à l’internet. Mais aussi pour comprendre les mondes lettrés contemporains.

GUICHARD, É. (2004). L’internet, une technique intellectuelle. In GUICHARD, É., éditeur : Mesures de l’internet, pages 19–49. Les Canadiens en Europe, Paris. http://barthes.enssib.fr/articles/Guichard-MI.html.

GUICHARD, É. (2008). L’écriture scientifique : grandeur et misère des technologies de l’intellect. In L’Internet, entre savoirs, espaces publics et monopoles, volume 7–8, pages 53–79, Lyon. Sens-public. Actes du colloque international L’Internet : Espace public et Enjeux de connaissance, CIPh, Paris, 20–21 janvier 2006. http://barthes.enssib.fr/articles/Guichard-CIPH2006.html.

* GUICHARD, É., éditeur (2012). Écritures : sur les traces de Jack Goody. Presses de l’Enssib, Villeurbanne.

* JACOB, C. (1996). Lire pour écrire : navigations alexandrines. In BARATIN, M. et JACOB, C., éditeurs : Le pouvoir des bibliothèques, pages 47–83. Albin Michel, Paris.

* LATOUR, B. (2007). Pensée retenue, pensée distribuée. In JACOB, C., éditeur : Lieux de Savoir. Espaces et communautés, pages 605–615. Albin Michel, Paris. Vol. I.

MARTIN, H.-J. (1996). Histoire et pouvoirs de l’écrit. Albin Michel, Paris. Seconde édition. Avec la collaboration de Bruno Delmas.

* OLSON, D. R. (1998). L’univers de l’écrit. Retz, Paris. Ed. orig. : The World on Paper : The conceptual and cognitive implications of writing and reading ; Cambridge University Press, 1994.

SCHIFFRIN, A. (1999). L’édition sans éditeur. La fabrique éditions, Paris.

VERNANT, J.-P. (1982). Mythe et pensée chez les Grecs, volume 1. François Maspero, Paris.

3 Sociologie et anthropologie

3.1 Sociologie

* BOURDIEU, P. (1984). Homo academicus. Éditions de Minuit, Paris.

DEGENNE, A. et FORSé, M. (2004). Les réseaux sociaux. Une approche structurale en sociologie. Collection U. : Sociologie. Armand Colin. 1re édition : 1994.

DUCLERT, V. et RASMUSSEN, A. (2002). Les revues scientifiques et la dynamique de la recherche. In La belle époque des revues, pages 237–254. éd de l’IMEC.

DURKHEIM, É. (1900). La sociologie et son domaine scientifique. In Textes. 1. Éléments d’une théorie sociale, pages 13–36. Éditions de Minuit (collection Le sens commun, 1975) ou Les classiques des sciences sociales (Jean-Marie Tremblay, 2002), Paris/Chicoutimi. Version française d’un article publié en italien, «La sociologia e il suo domino scientifico» in Rivista italiana di sociologia, 4, 1900, pp 127-148. URL : http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/textes_1/textes_1_01/socio.html.

* LAHIRE, B. (2002). À quoi sert la sociologie ? La Découverte, Paris.

MERCKLÉ, P. (2011). Sociologie des réseaux sociaux. La Découverte. 1re éd : 2004.

3.2 Anthropologie

Quelques textes, pour à la fois s’offrir un regard historique et synthétique de cette discipline et problématiser les questions de l’internet et de l’écriture avec une perspective anthropologique.

BAZIN, J. (1985). À chacun son Bambara. In AMSELLE, J.-L. et M’BOKOLO, E., éditeurs : Au cœur de l’ethnie, pages 87–128, Paris. La Découverte.

* GOODY, J. P. (1994). Entre l’oralité et l’écriture. Presses Universitaires de France, Paris.

GOODY, J. P. (2003). La peur des représentations. Éd. La Découverte, Paris.

* HERRENSCHMIDT, C. (2007). Les trois écritures. Langue, nombre, code. Gallimard, Paris.

LÉVI-STRAUSS, C. (1962). La pensée sauvage. Plon, Paris.

MALINOWSKI, B. (1968). Une théorie scientifique de la culture. Points, François Maspero, Paris. Premières éditions : 1941 pour l’article, 1944 pour l’ouvrage du même nom ; texte en ligne : http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/theorie_culture/theorie_culture.html.

4 Recherches en relation directe avec l’internet

4.1 Références tirées des sciences « exactes »

Ce domaine est volontairement restreint. Il vise à donner quelques éléments de culture générale.

BACCELLI, F. (2006). Les réseaux de communication. La lettre de l’Académie des sciences, 19:7–10.

BARTHÉLEMY, M. (2010). Spatial networks. cond-mat.stat-mech. Source : arXiv :1010.0302v2, 4 Nov 2010.

LATAPY, M. et GUILLAUME, J.-L. (2004). Topologie de l’internet et du web : mesure et modélisation. In GUICHARD, É., éditeur : Mesures de l’internet, pages 213–226. Les Canadiens en Europe, Paris.

4.2 Références plutôt sociologiques, SIC etc.

Travaux liés à la sociologie, aux sciences de l’information et de la communication, et aux recherches connexes.

Face à l’abondance des textes dans ce domaine, une toute petite poignée a été sélectionnée. Par ailleurs, nombre de références des autres sections pourraient trouver leur place ici.

* GUICHARD, É. (2011). Le mythe de la fracture numérique. In GUICHARD, É., éditeur : Regards croisés sur l’internet, pages 69–100. Presses de l’Enssib, Villeurbanne. preprint : http://barthes.enssib.fr/articles/Guichard-mythe-fracture-num.pdf.

MATTELART, A. (1997). L’invention de la communication. La Découverte, Paris.

MATTHEWS, J. T. (2010). Quelques pistes de réflexion en vue d’une approche critique du web collaboratif. In MILLERAND, F. PROULX, S. et RUEFF, J., éditeurs : Web social, mutation de la communication, pages 329–340. Presses de l’Université du Québec.

4.3 Références plutôt géographiques

Pour à la fois acquérir une culture de la cartographie, de son histoire, et de ses développements actuels (en relation avec l’internet). La philosophie reste ici présente.

* BENOIST, J. et MERLINI, F., éditeurs (2001). Historicité et spatialité. Le problème de l’espace dans la pensée contemporaine. Librairie Philosophique J. Vrin, Paris.

* DESBOIS, H. (2006). Présence du futur. le cyberespace et les imaginaires urbains de science-fiction. Géographie et cultures, 61:121–138. http://barthes.enssib.fr/articles/Desbois-presence-futur.pdf.

* DESBOIS, H. (2011). La géographie du numérique : des Systèmes d’Information Géographique à la géographie de l’information. In GUICHARD, É., éditeur : Regards croisés sur l’internet, pages 125–137. Presses de l’Enssib, Villeurbanne.

* DESBOIS, H. (2012). La transition géonumérique. In GUICHARD, É., éditeur : Écritures : sur les traces de Jack Goody, pages 113–137. Presses de l’Enssib, Villeurbanne.

GUICHARD, É. (2006). L’internet : retrouvailles de l’écriture et de la cartographie. Revue de la Bibliothèque nationale de France, 24:51–55. http://barthes.ens.fr/articles/Guichard-BNF-carto-web.pdf.

* GUICHARD, É. (2007a). Géographie de l’internet. In JACOB, C., éditeur : Lieux de Savoir. Espaces et communautés, pages 989–1009. Albin Michel, Paris. Vol. I.

* GUICHARD, É. (2007b). L’internet et le territoire. Études de Communication, 30:83–98. http://barthes.ens.fr/articles/Guichard-internet-territoire.pdf.

GUICHARD, É. (2008). Internet, cartes, territoire et culture. Communication & Langages, 158:77–92. http://barthes.ens.fr/articles/Guichard-internet-culture.pdf.

* LEFORT, J. (2004). L’aventure cartographique. Belin. Pour la science, Paris.

* PALSKY, G. (1996). Des chiffres et des cartes. La cartographie quantitative au XIXe siècle. CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques), Paris.

4.4 Humanités dites digitales ou numériques

Cette expression n’est pas très heureuse. Une bibliographie critique, réflexive et accompagnée de témoignages de productions en relation avec le domaine pourrait être la suivante.

* DOUEIHI, M. (2011). Pour un humanisme numérique. Seuil, Paris.

GUICHARD, É. (2010). L’internet et l’écriture : du terrain à l’épistémologie. Habilitation à diriger des recherches. Université Lyon-1. URL : http://barthes.ens.fr/articles/HDR-Guichard.html.

GUICHARD, É. (2012a). Communautés en ligne. In GHORRA-GOBIN, C., éditeur : Dictionnaire critique des mondialisations, Paris. Armand Colin.

* GUICHARD, É. (2012b). Les réseaux sociaux : un regard critique. In Modèles et apprentissages en Sciences Humaines et Sociales. Actes du colloque Modèles et apprentissages en Sciences Humaines et Sociales (MASHS), Marseille, 23-24 juin 2011. URL : http://barthes.enssib.fr/articles/Guichard-Reseaux-sociaux.html.

* MATHIAS, P. (2012). «Est-ce que you escribes binario, mijn Freund ?» ou « le paradoxe du scripteur illettré ». In GUICHARD, É., éditeur : Écritures : sur les traces de Jack Goody, pages 81–87. Presses de l’Enssib, Villeurbanne.

RYGIEL, P. (2001). Le site d’histoire sociale de l’Ens. Naissance et développement. In GUICHARD, É., éditeur : Comprendre les usages de l’Internet, pages 82–88. Éditions Rue d’Ulm, Paris.

* RYGIEL, P. (2011). Écriture de l’histoire et réseaux numériques. In GUICHARD, É., éditeur : Regards croisés sur l’internet, pages 101–124. Presses de l’Enssib, Villeurbanne.

5 Webographie

On se réfèrera essentiellement

Page créée le 26 février 2013, modifiée le 26 février 2013